Ce mécanisme scandaleux éclipse les autres dommages que causera ce nouveau traité. Je veux bien évidemment parler de toutes les conséquences négatives pour les intérêts économiques français et nos services publics.
Le traité transatlantique implique la fin des droits de douane entre les deux blocs. Cela a finalement assez peu d'impact puisque les droits de douane sont déjà très faibles dans l'UE vis-à-vis de l'extérieur (3,1 % [3]). Le danger vient évidemment de la suppression progressive de toutes les barrières non tarifaires, notamment les normes, qu'elles soient sanitaires, juridiques ou environnementales, normes qui sont les dernières protections existantes dans le cadre d'une UE libre-échangiste et naïve commercialement.
Tant sur le plan comptable, financier, environnemental que sanitaire, il est évident que ce sont les États-Unis qui vont imposer leurs normes à l'UE et cela pour au moins trois raisons :
À la lumière de ce constat, on peut aisément anticiper les conséquences sur notre industrie et notre agriculture, qui ont déjà été mises à rude épreuve depuis le traité de Maastricht et l'adoption de l'euro.
Les États-Unis jouissent d'un dollar faible face à un euro surévalué d'au moins 30 % par rapport à la compétitivité intrinsèque de l'économie française [5]. Ajoutons à cela le choc de compétitivité dont bénéficie l'économie américaine avec l'exploitation du gaz de schiste [6], et il est évident que notre industrie sera à terme balayée.