• ceux qui rendent la prise de pouvoir possible: les moutons


    Pas besoin d'être nazi vous-même. Il vous suffit d'être un mouton.
    Dans son journal, Sebastian Haffner ( 27 décembre1907 – 2 janvier 1999, nom de plume de Raimund Pretzel magistrat puis journaliste allemand) dénigre ce qu'il appelle la "docilité du mouton" qui a suscité la réaction des Allemands à la suite d'un événement similaire au 11 sept, à savoir l'incendie du parlement allemand, le Reichstag, le 27 février 1933.
    Haffner écrit qu'il est significatif que personne de sa connaissance n'ait trouvé extraordinaire le fait que, à partir de ce moment-là, leurs téléphones soient mis sur écoute, leur courrier ouvert et leurs bureaux fracturés.
    Mais c'est aux responsables politiques lâches qu'Haefner réserve sa plus violente diatribe.
    Y voyez vous un parallèle quelconque avec ce qui se passe ici actuellement?
    Aux élections du 4 mars 1933, peu après l'incendie du Reichstag, le parti nazi n'avait recueilli que 44% des voix. Ce n'est que la " lâche trahison" des sociaux démocrates et d'autres partis à qui 56% des Allemands avaient fait confiance qui a permis aux nazis d'avoir les pleins pouvoirs ...
    Haffner ajoute: "''Ce n'est qu'en dernière analyse qu'on peut expliquer par la trahison le fait le plus inexplicable qu'un grand pays, qui ne pouvait tout de même pas être constitué uniquement de lâches, soit tombé dans l'ignominie sans lutter". Les dirigeants du parti socio-démocrate avaient trahi leurs partisans – "en majorité, des gens honnêtes et anonymes''".
    En mai, ils chantaient l'hymne nazi; en juin, le parti socio démocrate était dissous.
    Zentrum, le parti catholique bourgeois cédait en moins d'un mois, pour finalement fournir les voix nécessaires à la majorité des deux tiers qui rendait "légale" la dictature d'Hitler.
    Quant aux conservateurs d'extrême droite et aux nationalistes allemands, "Oh Seigneur", écrit Haffner, "Quel spectacle infiniment déshonorant et lâche ont montré leurs dirigeants en 1933, et par la suite ... Ils ont tout gobé: la terreur, la persécution des juifs ... Ils n'ont même pas bronché quand leur propre parti a été interdit et certains de ses membres arrêtés".
    En résumé:
    "Il n'y avait pas un seul exemple de défense active, de courage ou d'éthique. Seulement la panique, la fuite et la désertion.
    En mars 1933, des millions de personnes étaient prêtes à lutter contre les nazis. Du jour au lendemain, elles se sont retrouvées sans leaders ... Au moment de vérité, alors que d'autres pays se montrent à la hauteur de la situation, les Allemands se sont effondrés collectivement et mollement. Ils ont cédé et ont capitulé, sombrant dans la dépression ... Le résultat de tout cela est devenu aujourd'hui le cauchemar du monde entier".
    C'est ce qui arrive éventuellement quand pratiquement tout le monde se laisse décourager.



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